Abbas Akhavan / Beacon

Cette exposition est réalisée sous le commissariat d’Andria Hickey de la Public Art Fund (New York).

 

Pour sa première exposition solo à Montréal, l’artiste Torontois Abbas Akhavan propose de transformer l’architecture caractéristique de la Fonderie Darling afin d’en offrir une expérience unique aux visiteurs. Les deux œuvres sculpturales présentées, hautement symboliques, sont insufflées d’une certaine vulnérabilité qui appelle à une contemplation intelligente et subtile. Fidèle à son travail antérieur, l’artiste y explore les notions de la désolation, de l’aliénation et du conflit, sous la résonnance des thèmes du territoire et du pouvoir.

Dominant l’installation, un énorme ballon à air chaud se trouve initialement affaissé au sol, puis il  est gonflé de façon à graduellement remplir l’espace, avant de s’affaisser de nouveau. Ce cycle n’est pas sans évoquer le lever et le coucher du soleil, le ronflement d’un orgue, voir un souffle inhalé puis exhalé. Pourtant,  le dirigeable est marqué par la désuétude; il n’atteint jamais sa pleine capacité, sa fonction première.

Parallèlement à cette masse informe, l’espace est également habité d’une sculpture en mortier aux lignes incertaines. Cette figure, qui  rappelle une sculpture de lion érodée, fut inspirée d’un monument à Hamad?n (Iran) connu sous le nom de « lion de pierre d’Hamada », dont  l’origine et les fonctions exactes demeurent incertaines. Il est dit que, datant de l’époque hellénistique, il aurait fait partie d’une paire de lions posés aux portes de la ville et qui devaient agir tel un talisman, la protégeant de toute forme de malveillance ainsi que des désastres naturels.

L’une des œuvres des plus ambitieuses de l’artiste à ce jour, cette installation se veut une exploration de la nature cyclique et poétique du changement; changement à la fois symbolique et politique. Avec la transformation d’objets trouvés dans le dessein de les amener à l’état de ruines, Akhavan en appelle aux perceptions changeantes et à l’ambivalence ressentie face à des symboles de pouvoir et de désolation ayant de riches héritages.

« La symbolique attribuée à la figure du lion dans les monuments – qui en est une de pouvoir et d’empire - transcende les frontières nationales. Cet animal en danger d’extinction symbolise alternativement la mélancolie, l’hostilité, la désolation », dit l’artiste. Dans l’espace de la galerie, suivant le gonflement puis l’affaissement du ballon, le lion et le soleil nous appellent à un territoire inconnu; ils nous confrontent à l’étonnante stabilité du changement.

Abbas Akhavan

Abbas Akhavan vit et travaille à Toronto.

Les œuvres d’Akhavan ont notamment été présentées dans les espaces suivants : Vancouver Art Gallery, Artspeak (Vancouver), Mercer Union (Toronto), ABC Art Berlin Contemporary, KW Institute for Contemporary Art (Berlin), Kunsten Museum of Modern Art (Aalborg, Danemark), Le Printemps de Septembre à Toulouse (France), Performa 11 (New York), Belvedere Museum (Vienne), Center A (Vancouver), Peel Art Gallery (Brampton, Ontario), Delfina Foundation (Londres, Royaume-Uni). 


Abbas Akhavan est représenté par The Third Line (Dubaï).