Cabaret Échéant

Prix: 15 $ à l'avance, 20 $ à la porte

Une tragédie comique. C’est sur fond de l’angoisse du vide, du rien du tout, que s’articule ce spectacle juste assez fou. Il s’agit d’un cabaret politique déserté, où sont maintenus les fantasmes du cabaret berlinois du début du siècle, celui qui a propulsé Bertolt Brecht : faire de l’art politisé, socialisé, mondialisé ; art détenant le pouvoir d’améliorer la vie humaine. Le Cabaret Échéant est une célébration révolutionnaire délirante, parce que vaine, performée par sept artistes et un capitaine qui, l’espèrent-ils, pourrait très bien tout remettre en place. 

Tiraillé entre la forme du cabaret traditionnel à numéros et le narré « quasi-théâtral », le Cabaret Échéant se sait anachronique, mais en rigole volontiers. Le spectacle raconte aussi un peu son processus de création. Toute la structure, la méthode a été pensée en fonction de l'idéal d'une sensibilité commune. L’effort de tous, entre autres de la direction, consiste à assembler ces expressions de potentiels humains convergents, à les amener à se concrétiser dans une unité plus ou moins cohérente. Le spectacle est un rêve social, un rêve de faire se dévoiler au monde les possibilités réelles de création sociale. Mais le spectacle exprime également les limites de cette initiative qui, elle-même, est en quelque sorte ratée. C’est précisément ça, qui la rend fantastique.