Yannick Langlois Sabrina Davatz Samir Parker / COLD, CUMBERLAND, SNAFU

Les villes sont, par nature, en perpétuelle mutation. Au cours de leur développement et redéveloppement, elles laissent sur leur passage les ruines du passé et les fantasmes du futur. Samir Parker s’inspire de ce maillage chaotique pour détourner de façon dramatique ces espaces - réels et mythiques, intérieurs et extérieurs, vides et pleins - que nous habitons. Explorateur urbain, l’artiste tisse en filigrane, sur les fenêtres de l’ancien bâtiment industriel de la Fonderie Darling, sa propre courtepointe, amalgame de formes noires et blanches inspiré de ses différentes expériences montréalaises. Véritable storyboard superposant une multitude de grilles architecturales, les œuvres géométriques de Samir Parker, à la perspective distordante et à l’éclairage scénique, plongent le regard du spectateur dans un monde fantastique.

Yannick Langlois marie l’expérience de l’artiste en résidence à celle des dessinateurs des XVIe et XVIIe siècles qui, sans s’être déplacés en terre inconnue, reproduisaient selon des textes les paysages exotiques découverts.  De ces documents et autres objets glanés, s’est construit un ensemble de propositions plastiques qui croisent les mediums, les formes et les échelles de représentations et interroge la manière dont ces indices peuvent déterminer notre appréhension. Ses sculptures en terre crue, au seuil de la représentation pourraient tout aussi bien faire figure de formes organiques que de personnages caricaturés. Se posent ainsi en parallèle la question de la transmission culturelle et la manière dont l'inconscient collectif modèle et détermine la perception d'un lieu « exotique », en relation à sa propre connaissance.

Les différentes techniques et les multiples supports de présentation sont au centre de l’exploration de l’image projetée de Sabrina Davatz. S’inspirant d’objets du quotidien dans leur forme sculpturale, l’artiste se réapproprie des observations banales dans un acte de traduction qui les décale de leur réalité, recomposant ces éléments en œuvres poétiques où l'examen approfondi de l’entourage de l’artiste est appelé à se reconstruire. Sabrina Davatz s’intéresse au mouvement de l’image à même l’œuvre vidéographique, mais également au mouvement du regard du spectateur, lorsque plusieurs de ces images sont mises en parallèle. Il en résulte des dispositifs multimédias à l’esthétique sobre et dépouillée, qui posent un regard critique sur les médias qui l’inspirent, d’un point de vue matériel, mais aussi par rapport à leur propre force d‘expression.

En provenance de l’Inde, la France et la Suisse, trois artistes présentement en résidence à la Fonderie Darling ont entrepris d’investir le lieu d’exposition temporaire adjacent à la salle principale pour y présenter des œuvres en mouvance, imaginées sur place.

Yannick Langlois

Yannick Langlois a été résident dans les ateliers de la Fonderie Darling de juillet à octobre 2012, dans le cadre de l’échange entre la Fonderie Darling à Montréal et Astérides.

Né en 1985, Yannick Langlois vit et travaille à Paris. Il est diplômé de la Villa Arson et des Beaux-arts de Paris.
Son travail a été montré dans plusierus expositions collectives : 'sHertogenbosch (Pays-bas) en 2010, Les innommables grotesques à la galerie LMD et Studio Romance à La Vitrine à Paris en 2011. Il a également été lauréat d'une résidence de 3 mois à Triangle à Marseille à été 2011 et a été le premier lauréat de l'échange croisé Astérides/Fonderie Darling cette année. Depuis 2010, il est à l'initiative de l'atelier W à Pantin, un espace de création et de diffusion co-géré par un collectif de 8 artistes plasticiens.

Sabrina Davatz

Née en 1976, vit et travaille à Bâle en Suisse.
Diplômée de l'école des Beaux-Arts à Berne et de l'école supérieure des Beaux-Arts à Bâle.
Son Travail a été montré dans plusieurs expositions collectives dont: Villa Renata en 2012, Haus für Elektronische Künste en 2011 à Bâle et Fabrikculture en 2011 à Hégenheim. Elle fait partie de l'équipe dirigente du Ausstellungsraum Kilngental à Bâle.

Samir Parker

Samir Parker a conçu des installations, expositions et publications pour Bodhi Art, The London School of Economics, l'UNICEF et la Biennale de Venise. Il a collaboré avec des artistes tels que Atul Dodiya, Nataraj Sharma, Zarina Hashmi et CAMP. Il est lauréat des bourses de CSDS Saraï et des studios Khoj à New Delhi. Il a récemment été sélectionné pour une résidence au Rockefeller Foundation Bellagio Center. Il continue d'enseigner et de développer des programmes d'études et de sensibilisation à la Faculté de design de l’Université CEPT Ahmedabad.