CONVERSATION : LAURIANNE BIXHAIN ET AQUI THAMI

Les résidentes internationales du Luxembourg et d'Inde présentent au public les fruits de leur séjour de trois mois à la Fonderie Darling.

Tout au long de l'automne, Laurianne Bixhain (Luxembourg) a arpenté le quartier de la Fonderie Darling, photographiant notamment les anciens bâtiments industriels aujourd'hui reconvertis par l'implantation de compagnies en informatique et nouveaux médias. En quête d'indices - parfois à peine visibles - de cette conflagration temporelle entre l'ancien et le nouveau, Bixhain interroge l'espace urbain par l'image, dans un geste qui fait écho à la réflexion de Rem Koolhaas sur la rue, que l'architecte décrit comme étant "devenue un résidu, un outil d'organisation, un simple segment du plan métropolitain continu, où les restes de passé rencontrent les équipements du présent dans un face-à-face gêné" (Junkspace).

Aqui Thami (Inde) s'est quant à elle engagée dans un travail de terrain auprès des communautés de femmes autochtones afin de développer sa réflexion sur les notions de citoyenneté, d'identité et de décolonisation. Grâce à sa pratique artistique fondée sur la production de zines, d'objets DIY, sur l'échange verbal et le partage des connaissances, Thami a pu faire de nombreuses rencontres dans les milieux artistiques, militants, et autres, à Montréal, à Kahnawake et à Toronto (grâce à un partenariat avec SAVAC). Elle s'est par ailleurs engagée dans un projet de compilation des noms des femmes autochtones disparues et assassinées au Québec, projet qu'elle exposera plus en détail lors de sa présentation.