Mark Lewis / Du cinema et des restes urbains

Smithfield (2000), 35mm, en couleur, muet, 4 minutes (en boucle).

Smithfield consiste en un travelling de quatre minutes dans lequel la caméra encercle un immeuble triangulaire de la fin 19ème siécle. Il est situé sur un coin de rue en face du Marché Smithfield de Londres. Smithfield est tourné en une seule prise d'une pellicule 35mm en couleur de 400 pieds sans montage. La durée du film est déterminée à l'avance par une exigence simple : la fabrication commerciale de film 35mm. Le bâtiment autour duquel la caméra tourne est vitré de chaque côté, et Smithfield permet une série de visions instantanées à travers et à l'intérieur de l'espace de l'immeuble. Le film est tourné la nuit et la seule activité enregistrée, à part le mouvement de la caméra, est celui d'une ménagère de nuit, qui lave le plancher sans relâche. Smithfield documente cette activité quasi-invisible par les deux passages de la caméra de presque 360 degrés autour du périmétre de l'immeuble. Simultanément, la mesure à laquelle la caméra cinématographique mobile transforme le rapport traditionel figure-fond de la répresentation picturale est mis en evidence. Si ce rapport, et sa perte, est une des préoccupations centrales de l'art moderne, le film, avec son aspect trompeur de l'image pré-moderne, établit une manipulation et une falsification particulière de la dimension comme sa propre invention.

Mark Lewis - Mai 2000

 

Visite du port, 16 mm, en couleur, muet, 10 minutes.

Ce documentaire anonyme trouvé à Montréal a été réalisé à la fin des années 50. Il retrace une visite des chantiers de construction par les ingénieurs. À l'origine tourné en 16 mm, le film été transféré en vidéo et monté par Régine Gallard et Kristina Solomoukha. Pour le festival Du cinéma et des restes urbainsles les deux artistes ont décidé de rendre visible ce court témoignage dans la ville de sa réalisation. Projeté sur une vitrine visible de l'extérieur, Visite du port permet de conjuguer une vision subjective d'un évènement passé et la réalité contemporaine de la ville. C'est une première collaboration entre Régine Gallard et Kristina Solomoukha dont les démarches respectives sont fortement influencées par les déplacements. La réflexion sur la ville, la prise en compte de la relation entre le travail artistique et le contexte de sa présentation, sont les questionnements communs aux deux artistes.

Mark Lewis

Mark Lewis est né en 1958 à Hamilton en Ontario. Il est reconnu du milieu pour ses installations vidéos. Lewis a représenté le Canada à la Biennale de Venise en 2009, commissariée par Barbara Fischer.

Lewis a fait ses études à Harrow College of Art à Londres et à la Polytechnic of Central London. Il a commencé en tant que photographe et en faisant des films se basant sur des installations pendant la motié des années 1990. Il a fait une exposition individuelle au UBC Fine Arts Museum à Vacouver, à la Galerie d'Art de Vancouver, à Hamburger Kunstverein, au Musée d'art moderne à Luxembourg, à la BFI Southbank à Londres et au Musée Nationale d'Art Contemporain à Bucharest en Roumanie. Son travail est dans plusieurs collections dont la Galerie Nationale du Canada, le Musée Moderne d'Art de New York, le Musée d'art Contemporain de Montréal et au Centre Pompidou à Paris.
 
Il vit et travaille à Londres en Angleterre. Dans les années 1980, il a étudié avec Victor Burgin et a travaillé avec Laura Mulvey ce qui l'a influencé dans son approche antérieure au cinéma et à la vidéo. Mulvey et Lewis ont produit le documentaire Disgraced Monuments en 1991. De 1989 à 1997 il a vécu à Vancouver en prenant part à la scène du conceptualisme de la photographie à l'école de Vancouver. Son travail se concentre principalement sur la technologie du film et des différents genres qui ont été developpés dans plus de 100 ans d'histoire du film. Ses films sont pour la plupart des court-métrages et se distinguent par des prouesses techniques.
 
Il est le co-éditeur directeur de la revue Afterwall, qui produit un journal sur l'art contemporain et une série de livres et de romans. Il publié à Londres, à Anvers et à Seville.