Karen Kraven / Razzle Dazzle Sis Boom Bah

Razzle Dazzle Sis Boom Bah brouille tapageusement les pistes. La première partie de l’exposition fait référence aux sports organisés et à la guerre, à des stratégies conçues pour désorienter l’adversaire par des mouvements vigoureux et un panache théâtral. Tout aussi tapageuse,  Sis Boom Bah est la chanson de cheerleading archétypale d’une production pyrotechnique. Mis ensemble, ces mots communiquent le subterfuge enthousiaste de la nouvelle installation de Karen Kraven à la Fonderie Darling.

Les œuvres de Karen Kraven mettent en scène des rencontres inattendues, des similitudes insolites et des juxtapositions trompeuses entre sculptures et images. Comme un décor de théâtre ou de cinéma dans lequel le temps se serait arrêté, ces espaces rendent perplexe et séduisent par les stratégies aguerries d’une virtuose de l’arnaque. Kraven exploite l’illusion et l’attrait inhérents à des activités telles que les courses de chevaux, la chasse et la pêche, ainsi que la contrefaçon. Ces motifs empruntent l’aspect d’objets quotidiens, de substituts fabriqués à la main et de leurres. En constante transformation et mutation, ils se fondent les uns dans les autres, nous captivant en réapparaissant plus grands, divisés, transfigurés, grossis et aplatis.

Née à London (Ontario), Kraven a obtenu sa maîtrise en Beaux-Arts à l’Université Concordia de Montréal où elle a été récipiendaire de la bourse Dale et Nick Tedeschi, qui parraine également son atelier à la Fonderie Darling. Basée à Montréal et représentée par la Parisian Laundry, elle a récemment exposé son travail au Centre Clark de Montréal et à la galerie Blackwood, University of Toronto Mississauga and Neubacher Shor Contemporary, Toronto.

À l’initiative de la Fonderie Darling, l’exposition Razzle Dazzle Sis Boom Bah voyagera à l’Institute of Contemporary Art at Maine College of Art à Portland en 2015.  

Nicholas Brown est un commissaire d'origine canadienne, installé depuis peu à New York. Il a été lauréat en 2012 de la résidence des Amériques de la Fonderie Darling, financée par le Conseil des Arts de Montréal, à l'occasion de laquelle il a pu tisser des liens avec les artistes d'ici.