Gilles Picouet / Union

Depuis quelques années la démarche de Picouet repose sur la relation d'éléments interchangeables à lier, qu'il définit lui-même comme sa " matière première ". L'installation d'un grand puzzle disposé sur la terrasse du Café Union découle bien de cette pratique. Cette œuvre marque sa présence en conjuguant des pièces, fabriquées par lui-même, de nature très différentes : l'abrasif et le béton. De par leurs caractéristiques opposées, ce premier épais, souple, fibreux, issu de la découpe; ce deuxième irrégulier et robuste, issu du moulage, le puzzle pose de lui-même des problématiques. L'artiste questionne alors l'assemblage des morceaux en fonction de l'espace, du temps et de l'action qui selon lui, "donne la mesure et rythme le lieu ". Picouet organise de cette façon le témoignage de son implication et de son investissement individuel. L'œuvre intègre le visiteur en l'invitant à circuler dans les espaces vides du casse-tête.

 

Gilles Picouet

Gilles Picouet lie et relie les choses entre elles.

A la galerie Art’O (1995), il coud sur place quantité de bois récupérés dans la rue. Il réalise une sorte de grande palissade souple qui épouse les murs de la galerie. A Quartier éphémère de Montréal (1999), Montevideo (2003), Shanghaï, (2009-10) chaque exposition est l’occasion de travailler ce qui peut unir un lieu, une durée et un individu. 

Gilles Picouet crée des œuvres modulables.

De la même manière qu'un musicien écrit une partition pour qu'elle soit jouée par d'autres, Gilles Picouet fait interpréter quelques unes de ses œuvres par d'autres artistes. La pièce qu'il a conçu pour le Crédac en 1998 est rejouée par Rémi Uchéda au Pavé Dans La Mare à Besançon en 2000, puis par Johanne Grandjean à l'ISBA (Ecole régionale des beaux-arts de Besançon) en 2012.

Gilles Picouet aime voir ses œuvres transfigurées.

En résidence à Montevideo (Uruguay, 2003), il réalise une "architecture vulnérable" en plâtre. Cette petite tour, dont la démolition est programmée un an après sa construction, est exposée aux actions humaines et atmosphériques, dans le somptueux parc du musée Blanès. Imprégné par la pensée d'Héraclite, il le cite pour écrire dans les fondations : "Chose commune que commencement et fin sur le circuit du cercle".

Gilles Picouet expose dans des espaces non prévus à cet effet.

En 2002, avec le soutien du Pavé Dans La Mare, il crée trois nouvelles œuvres qui sont l’occasion de se mesurer à des espaces et des contextes nouveaux (salle non apprêtée pour accueillir des expositions, vitrine de boutique de vêtements, espace re-qualifié pour recevoir une installation spécifique).

Gilles Picouet favorise l'émulation dans et hors-les-murs de l'école des beaux-arts.

Il organise chaque année des ateliers de travail dans des lieux marqués par la grande ou la petite histoire et dont le moindre objet est encore imprégné de la mémoire collective (usine Rhodiacéta, ancienne maison du peuple, ancien laboratoire d'anatomie de la Faculté de médecine, friche industrielle…). 

Depuis 2012, il réalise ses œuvres dans l'école où il enseigne. Il s'installe dans les ateliers de l'école, incitant les étudiants à le questionner sur sa pratique artistique. L'idée n'est sûrement pas de se placer en tant que maître à penser mais d'entrer en dialogue avec son entourage autrement que par le seul discours pédagogique.

Gilles Picouet fonde le collectif “Clara” 

Avec trois autres plasticiens, Emmanuel Aragon, Samuel Buckman et Virginie Delannoy, il expérimente de nouvelles procédures pour interroger la place de l’artiste dans la société. Leurs installations tiennent parfois de la performance et de l'improvisation même si elles sont longuement préparées en amont. Elles font entrer dans la danse des partenaires artistiques mais aussi des entreprises privées et des associations militantes. Clara s'est déployé en 2005, à l'occasion de l'exposition Affinités à la Saline Royale d’Arc et Senans, au centre d’art “Passages” de Troyes en 2008, et prépare un nouveau projet pour l'automne 2012 à Dunkerque et dans les environs.

Gilles Picouet entreprend la construction d'une coopérative.

Il participe au groupe de travail chargé de la réalisation architecturale. La coopérative se veut être un lieu de vie et de travail visant à la réalisation de soi et du collectif dans un esprit de compagnonnage. Les coopérateurs aménagent leur temps et leur espace afin d'organiser un lieu de vie affranchi de la propriété individuelle par la pratique du pouvoir partagé et de la convivialité.