MONTRÉAL, LE 14 SEPTEMBRE 2026 — La Fonderie Darling est heureuse de dévoiler les huit artistes qui forment la nouvelle cohorte des Ateliers Montréalais 2026-2029 : asinnajaq, Kyle Alden Martens, Stina Baudin, Mara Eagle, Alegría Gobeil, Tegan Moore, Jackson Slattery et Santiago Tamayo Soler. Réunissant des pratiques aussi diverses que la sculpture, la peinture, l'installation, la vidéo, le textile, la performance et les arts numériques, cette nouvelle cohorte fait émerger des thèmes porteurs pour la création, notamment les corps hybrides et libres, les univers dystopiques et la conscience écologique, la transmission culturelle et familiale, ainsi que l’autoréflexion et la pensée critique. Le maillage entre ces démarches est propice à la création de dialogues et de nouvelles affinités.
Depuis plus de vingt ans, les Ateliers Montréalais offrent à des artistes de Montréal une rare possibilité de s'inscrire dans la durée au sein d'un environnement de création, de production et d'échanges. Unique au Canada par la durée de sa résidence et l'ampleur de son accompagnement, le programme permet à huit artistes de bénéficier d'un atelier pendant trois ans, avec accès aux ateliers de production de la Fonderie Darling et à un ensemble d'occasions de développement professionnel, de rencontres et de partage avec les publics.
Un espace essentiel pour la création montréalaise
La Fonderie Darling tient à remercier chaleureusement toutes les personnes ayant soumis leur candidature. La qualité et la quantité des propositions reçues, plus de 170 candidatures ont été retenues pour ce jury, témoignent de la vitalité exceptionnelle de la scène artistique montréalaise et de la nécessité de pérenniser des ateliers permettant aux artistes de développer leur pratique dans la durée. Dans un contexte où les espaces de travail abordables et durables se font de plus en plus rares au cœur de Montréal, préserver des ateliers d'artistes et offrir des conditions propices à la création constituent des enjeux essentiels pour l'avenir de notre scène artistique.
« Nous sommes particulièrement fier·e·s d'accueillir cette nouvelle cohorte, qui réunit des pratiques d'une grande richesse et témoigne de la force de la création montréalaise actuelle. Les Ateliers Montréalais ont toujours eu pour ambition d'offrir aux artistes le temps, l'espace et les conditions nécessaires pour faire évoluer leur pratique et se faire connaître sur la scène locale et à l’international. Voir ces huit artistes rejoindre la communauté de la Fonderie Darling pour les trois prochaines années est une grande source d'enthousiasme pour toute notre équipe. » – Milly A. Dery, Directrice générale et artistique de la Fonderie Darling
À propos des lauréat·e·s
La pratique d’asinnajaq (iel) est interdisciplinaire et s’ancre dans l'observation, l'attention et la transmission des savoirs à travers les générations. Avec pour guide des lignées familiales de curiosité, d'ingéniosité et de jeu, iel explore présentement notre rapport à la culture matérielle et les apports possibles de la pratique artistique contemporaine aux systèmes de savoirs existants. Titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts avec une spécialisation en cinéma du Nova Scotia College of Art and Design (2016), asinnajaq a reçu le Prix Pierre-Ayot (2025), ainsi que le Prix de la nouvelle génération en photographie du Musée des beaux-arts du Canada (2025), et a été l'un·e des lauréat·e·s du Prix Sobey pour les arts (2020).
Kyle Alden Martens (il) déploie sa pratique à travers la sculpture, l’installation, la performance et la vidéo. Explorant des états matériels à la fois d’aisance et d’inachèvement, sa pratique cherche à représenter sculpturalement les conditions de la finalité et du processus, du devenir et du défaire. Dans l’ensemble de la démarche de Martens, le vêtement sert d’allusion au fait de s’ajuster et de trouver sa place.Martens détient une maîtrise en beaux-arts (sculpture) de l'Université Concordia et un baccalauréat en beaux-arts (arts intermédiatiques) de l'Université NSCAD. Ses résidences récentes comprennent Est-Nord-Est (2026), Doris McCarthy (2025), ACRE (2024) et Brucebo Fine Arts (2022).
En travaillant avec l'abstraction, Stina Baudin (elle) crée des textiles aux techniques mixtes et complexes qui réunissent données d'archives, sons et textes, afin de mettre en lumière les expériences et les enjeux identitaires des personnes noires et de la diaspora africaine. Sa pratique s'appuie sur des techniques traditionnelles africaines et haïtiennes, entremêlées de stratégies systémiques et de références littéraires, pour évoquer des réalités passées, réelles ou imaginaires, rendues invisibles par le silence des archives. Baudin détient une maîtrise en beaux-arts de la Cranbrook Academy of Art (2025), a été boursière de la Fondation Gilbert (2023-2024) ainsi que lauréate du Prix Material Awards de la Fondation Maxwell/Hanrahan (2025).
Mara Eagle (elle) a une pratique multidisciplinaire qui conjugue l’installation vidéo, le son, la création de murale numérique et la sculpture. Travaillant à la fois avec des médiums analogiques et numériques, elle explore les frontières instables entre nature et technologie, mythe et science. Elle utilise souvent le collage et le glitch comme stratégies pour provoquer des accidents et perturber les récits dominants. Les thèmes récurrents de son travail s’articulent autour des jardins, des récits d’origine, de la musique et des corps hybrides. L’artiste est diplômée d'un baccalauréat en arts du Marlboro College (Vermont) et d'une maîtrise en beaux-arts de l'Université Concordia (Montréal). Eagle a été finaliste au Prix Pierre-Ayot (2023), alors qu'elle complétait son mandat à titre de boursière Bronfman 2020 de Concordia. Elle est représentée par la Galerie Pangée.
Alegría Gobeil (A) travaille avec des comportements étiquetés comme autodestructeurs, pathologisés, contagieux et collectifs. S’interrogeant sur la manière dont ils sont captés, interprétés et transformés en forces productives, Gobeil navigue à travers l'installation, l'intervention et le protocole performatif. Sa pratique contextuelle et indisciplinaire transforme les espaces d'exposition en lieux d'interrogation des discours immanents aux structures institutionnelles, permettant d’examiner comment ceux-ci façonnent les vies, les rendent lisibles et déterminent les modalités de leur émergence. L’artiste est titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques, avec mention d’excellence, de l’Université du Québec à Montréal – UQAM (2019 et 2022).
Ancrées dans une pratique de récupération matérielle, les sculptures et installations de Tegan Moore (elle) examinent les complexités sous-jacentes de l'environnement bâti. Par le biais d'investigations granulaires, intuitives et fondées sur la recherche, son travail s’articule minutieusement autour de la matière périphérique. Membre du collectif Synthetic Collective, elle participe à des recherches sur la pollution par les plastiques. Son travail porte sur certains aspects moins visibles de la transformation du plastique en déchet. Moore est titulaire d'un baccalauréat en beaux-arts de l'Université Emily Carr et d'une maîtrise en beaux-arts de l'Université Western Ontario.
Jackson Slattery (il) est un artiste dont la pratique s'articule autour de la peinture à l'huile réaliste et d'œuvres textuelles. Son travail explore le croisement entre l'expérience intime, l'histoire de l'art et l'interrogation conceptuelle. À une époque marquée par la saturation des images, Slattery manifeste un engagement soutenu envers le réalisme et l’utilise comme outil pour mettre à l’épreuve la capacité de la peinture à traduire la sincérité, le doute et l'autoréflexion. Il est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts avec une majeure en dessin de l’Institut royal de technologie de Melbourne (2005) et d’une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia (2021). Ses œuvres font partie de collections privées, publiques et institutionnelles, dont la National Gallery of Victoria en Australie et le Musée d’art contemporain de Montréal.
La pratique de Santiago Tamayo Soler (il) repose sur la création de mondes, imaginant des futurs spéculatifs pour l'Amérique latine — et la Colombie en particulier — sous l’angle de perspectives diasporiques et queers. À l'aide d'outils numériques, il construit des environnements à partir de matériaux d'archives, de vidéo, de photographie et d'images trouvées, entrelaçant mémoire personnelle et collective. Ces espaces virtuels explorent le concept d’identité nationale en s'appuyant sur des langages visuels multiples et stratifiés. Tamayo Soler est titulaire d'un baccalauréat en beaux-arts, avec une concentration en arts visuels, de l'Université Concordia (2019). Il est lauréat du prix EDAA Emerging Digital Artists Award (2023), décerné par EQ Bank et Trinity Square Video, ainsi que du Prix d'art contemporain du MNBAQ (2025).
La sélection a été réalisée par un jury composé de Jonathan Shaughnessy (Directeur, Initiatives curatoriales et conservateur principal par intérim, art contemporain, Musée des beaux-arts du Canada), Audrey Genois (Direction principale, mission artistique, du Musée d'art contemporain de Montréal), Didier Morelli (commissaire indépendant), Michaëlle Sergile (artiste de la cohorte 2023-2026), ainsi que de l’équipe de programmation de la Fonderie Darling.
À propos des Ateliers Montréalais
Les Ateliers Montréalais constituent le programme de résidence à long terme de la Fonderie Darling destiné aux artistes visuels montréalais·e·s. Unique au Canada par sa durée de trois ans et par l'ampleur de l'accompagnement offert, le programme permet à huit artistes de disposer d'un atelier à la Fonderie Darling et d'accéder à ses infrastructures de production, notamment en bois, métal, céramique et CNC. Il favorise également les rencontres professionnelles, les activités publiques et la participation à la vie collective du centre.
Depuis 2006, le programme du Cercle de parrainage permet par ailleurs, selon les soutiens obtenus, d'offrir aux artistes une prise en charge de leurs frais d'atelier ainsi qu'une bourse de production. Ce modèle philanthropique contribue à maintenir des conditions de travail accessibles et à soutenir concrètement le développement de carrière des artistes.
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