Javier González Pesce  /  Two Ways to Disappear Without Losing the Physical Form

À l’automne 2019, la Fonderie Darling met à l’honneur les arts visuels de l’Amérique latine. Pour souligner les 10 ans de la Résidence des Amériques soutenue par le Conseil des arts de Montréal, une programmation spéciale autour du travail artistique de deux anciens résidents est proposée aux publics montréalais et canadiens. Dans la Grande salle, l’artiste chilien Javier González Pesce (résident 2014) présente sa première exposition personnelle en Amérique du Nord, Two Ways to Disappear Without Losing the Physical Form

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Avec l’exposition Two Ways to Disappear Without Losing the Physical Form [Deux manières de disparaître sans perdre l’apparence physique], l’artiste chilien Javier González Pesce articule deux corpus de travail récents autour des notions de disparition et d’invisibilité. D’une part, une nouvelle version de l’installation The Island of the Un-adapted (2018/2019) recrée près du plancher des toitures en panneaux ondulés où l’artiste compose des microcosmes à partir d’objets perdus, souvent volés, abandonnés, « trouvés » enfin sur les toits de Santiago et assemblés en archipels improbables. D’autre part, le projet Untitled (Human Face) (2017/2019) se déploie en sculptures, vidéo et photomontage, afin d’invoquer trois manières de faire exister les éléments d’un visage sur une surface sans cesse changeante : la mer.

La mise en dialogue des deux œuvres renvoie aux réalités passées et présentes du Chili, en présentant l’éparpillement des biens soustraits au monde visible, jetés à la sauvette, et le démembrement de corps disparus en mer. Cependant, il s’agit tout autant pour González Pesce d’explorer une façon de travailler la sculpture en intégrant des éléments instables tels que les vagues et le courant marin, ou la pente d’un toit ondulé. Les forces physiques remettent dès lors en question les impulsions humaines de contrôle et de rationalisation. Bien qu’emportées comme toute autre production matérielle dans le flux perpétuel du monde, les œuvres de González Pesce dessinent ainsi non sans humour noir des îlots d’espoir : les objets, parce qu’ils ont perdu leur fonction auprès des humains, ont l’occasion de développer une seconde vie de loisir sur les toits des maisons, livrés à la pluie et au beau temps ; quant aux chaloupes, elles constituent tout autant les véhicules du démembrement d’un visage anonyme évoquant mille visages, que les seuls moyens fiables de flottaison en mer, et par conséquent de toute possible survie.

Ji-Yoon Han

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L'exposition bénéficie d'une généreuse commandite de Chaloupes Verchères.

Javier González Pesce

González Pesce est un artiste et commissaire indépendant, qui vit et travaille à Santiago du Chili. Il a été formé à l'École d'Art Visuel de l'Université Diego Portales et a obtenu en 2008 un diplôme de l'Université ARCIS, avec une spécialisation en sculpture. Son travail a été exposé principalement au Chili, en Chine et en Suisse, et lors d'expositions collectives en Argentine, aux États-Unis, en Grèce, en Uruguay et en Colombie. Il a été nominé pour le prix Altazor Awards dans la catégorie sculpture (2012) et a remporté le premier prix du Young Art Contest of the Visual Arts Museum and Minera Escondida (2012). Depuis 2011, il co-dirige le lieu d'exposition alternatif LOCAL Contemporary Art.