ATELIERS D’ARTISTES ET PLATEFORME ÉDUCATIVE SUR LES TERRAINS FERROVIAIRES DE POINTE-SAINT-CHARLES

Établi en 1993 dans l’arrondissement du Sud-Ouest, district de Pointe-Saint-Charles, Quartier Éphémère est un organisme sans but lucratif, reconnu de bienfaisance pour l’éducation du public à l’art contemporain. L’organisme gère depuis 17 ans la Fonderie Darling et souhaite amplifier son action de soutien aux artistes et à la sensibilisation du public à l’art. Le nouveau projet de Quartier Éphémère au timent 7, localisé sur les anciens terrains ferroviaires de Pointe-Saint-Charles, consiste en la création d’un projet d’art actuel alternatif à double composante : un pôle de création et de production destiné aux artistes professionnels en arts visuels et un pôle d'éducation voué à la diffusion de leurs œuvres et à la sensibilisation d’un public diversifié aux pratiques artistiques actuelles. La proposition de Quartier Éphémère insuffle une réelle direction créative, ainsi qu’un rayonnement métropolitain significatif au Bâtiment 7, dans un quartier qui manque cruellement d’espaces dédiés à l’art. Elle vise à promouvoir des valeurs chères à l’organisme telles que l’ouverture et l’inclusion, la tolérance, la parité, le renforcement de l’identité de chacun, le partage de connaissances et de richesses.

Un train à deux wagons

Sur le modèle des précédentes friches industrielles que l'organisme a réhabilitées au profit de l'art, Quartier Éphémère s'engage dans un projet innovant, porteur de nouvelles perspectives pour les artistes, et structurant pour tout un quartier. En augmentant son offre en ateliers d’artistes et en créant un nouvel espace destiné à différents publics, l’organisme a pour ambition de créer une véritable pépinière artistique, économique et sociale, ouverte sur son quartier et sur le monde, dans un cadre de vie stimulant par son association à un projet communautaire.

 

1er wagon : ateliers d’artistes

Le besoin d’espaces de travail est criant pour les artistes à Montréal, dû à l’embourgeoisement de la ville qui les chasse progressivement des espaces industriels où ils avaient trouvé place. Le projet de Quartier Éphémère au Bâtiment 7 consiste à consolider leur présence dans un immeuble industriel patrimonial, dans 25 ateliers fonctionnant sur un modèle de coopérative. Ces ateliers s’adressent à des artistes professionnels montréalais en arts visuels, c’est à dire à ceux qui font, ou qui cherchent à faire, de l’art leur métier à part entière. De superficies différentes et aux coûts abordables, ces espaces offrent aux artistes la possibilité de réaliser leur pratique dans des conditions optimales, en terme de volumétrie, de luminosité, d’accessibilité, dans une atmosphère propice à l’inspiration et à la création. Une attention particulière est portée aux artistes du quartier et toutes les expressions des arts visuels et médiatiques sont représentées équitablement

Le rôle de l’organisme est de servir d’incubateur aux artistes, de leur offrir un support logistique et un encadrement artistique afin de les aider à mettre en place un réseau professionnel et à cheminer dans leur démarche. Il a  également pour ambition de stabiliser leurs conditions de travail en offrant des espaces appropriés et abordables pour une longue durée. En s’engageant auprès des artistes, l’organisme souhaite consolider leur statut, affirmer leur présence au sein des quartiers et mettre en valeur la richesse personnelle et sociale que leur démarche peut apporter à la communauté, en ayant notamment la capacité d’imaginer un monde meilleur. Au début des années 2000, une enquête réalisée par l’INRS-Culture et Société  pour le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec démontrait que les artistes sont parmi les individus les plus instruits ; on constate aujourd’hui que le métier d’artiste demeure malgré tout l’un des moins lucratifs et un des plus en marge de notre société.

La proximité du le des pratiques du Bâtiment 7, projet réalisé par le Collectif 7 à Nous, offre des outils de production précieux pour les artistes : atelier métal, bois, sérigraphie, impression numérique, poterie. La synergie de ce projet à deux têtes entraîne une dynamique économique et sociale très porteuse.

L’intention est de parallèlement animer et coordonner une plate-forme de médiation entre les artistes et le grand public à travers le 2e wagon.

2e wagon : pôle de médiation

Le pôle de médiation consiste en une interface publique et éducative qui développe de multiples outils pour rejoindre différents publics :

-        Une salle omni qui accueille des expositions, des ateliers créatifs, des conférences,

           des spectacles et des événements ;

-        Des ateliers internationaux proposant une rencontre avec des artistes étrangers invités

           pour de courts séjours ;

-        Un café/ librairie connecté à une petite maison d’édition alternative;

-        D’autres activités organisés en dehors du lieu.

Salle Omni

Des expositions d’arts visuels, proposées par Quartier Éphémère, se déroulent dans la salle de façon temporaire, 3 à 6 mois par an. L’orientation de la programmation est axée autour d’expérience d’écoles d’art parallèles, réalisées ou non, récents ou historiques[1]. Des associations avec d’autres organismes en arts visuels sont favorisées, tout comme la présentation des artistes résidents.

Des forums et des débats, autour d’enjeux artistiques, patrimoniaux, politiques, anthropologiques, éducatifs, philosophiques, entre autres sont programmés. Le lieu se veut un espace ouvert et pensant, rassemblant une communauté d’esprits aux horizons divers. À l’occasion des événements, la salle sert de véritable lieu de rassemblement pour les artistes et amateurs d’art du Sud-Ouest, qui ont enfin la possibilité de se rencontrer et d’échanger.

Entre les périodes de programmation, des ateliers créatifs sont organisés à destination de publics cibles : les enfants du quartier (garderies, écoles, camp de jour), les étudiants (Collèges et Universités), les personnes âgées (résidences, clubs, coopératives), les personnes en situation de déficience physique et intellectuelle ou celles en situation d’itinérance. Des séances d’apprentissage et de création sont préparées et programmées avec des artistes, selon les besoins et les demandes des intervenants. Les résultats des ateliers créatifs pourront donner lieu à une exposition temporaire.

Ateliers internationaux à destination locale

Le projet milite pour un espace connecté sur le monde, en accueillant des artistes de tous les pays en résidence pour des séjours temporaires, dans des ateliers-logements qui leur sont dédiés. Ces ateliers flexibles peuvent être mis à disposition pour des projets locaux temporaires individuels ou de groupe, comme à des Universités étrangères qui peuvent parallèlement occuper la salle omni pour l’élaboration de projets avec leurs étudiants, ou en vue de la préparation d’une série d’ateliers et de conférences publiques, qui interpelle la communauté locale. Dans ce sens, plusieurs universités nous ont manifesté leur intérêt à développer des chaires de recherche. Des ateliers portes ouvertes, favorisant l’accès aux ateliers de création par le grand public et facilitant la compréhension du métier d’artiste, sont organisés ponctuellement.

 

Café/ librairie

Également il est prévu d’accueillir une petite maison d’édition alternative, spécialisée dans la publication de livres d’artistes et de recueils d’auteurs. Elle a pignon sur rue comme librairie de quartier, distribuant des livres sur l’art, l’histoire et le patrimoine de Pointe-Saint-Charles, les mouvements citoyens, des auteurs citoyens, des cartes postales.

Afin de rendre le lieu convivial et dans le but de fidéliser le public, un café avec service de repas léger est prévu.

Autres activités de médiation

La porte d’entrée principale de la salle omni donnant sur un terre-plein appelle au prolongement de ses activités vers l’extérieur, où une cour extérieure sert de lien avec les citoyens. Dans le but de dynamiser l’offre culturelle, une des intentions est également de réaliser des projets in situ, des projets d’art public temporaire à l’intérieur et à l’extérieur de bâtiments ou dans des parcs, mêlant mémoire du quartier et art actuel - comme édifices patrimoniaux, des lieux de culte, églises, parcs, fleuve par exemple - en lien avec les expositions sur le site. Il est important de décloisonner le bâtiment et de mettre l’art à la portée du monde, dans une démarche de sensibilisation et d’éducation.

 

Historique du projet

Quartier Éphémère est un partenaire de la première heure du projet du Bâtiment 7, projet de réappropriation populaire d’un bâtiment menacé par l’emprise d’un promoteur immobilier, transformé en bien commun pour tout un quartier. Cette lutte de longue haleine a mené à la création du Collectif 7 À Nous, formé pour porter le projet, dont Quartier Éphémère est un des co-fondateurs. La vision originelle est de faire cohabiter des services aux citoyens et des ateliers d’artistes adjacents à une plate-forme de médiation.

La première victoire a été de substituer le Bâtiment 7 au Groupe Mach, grâce à l’appui de l’Arrondissement du Sud-Ouest, de la Ville de Montréal et de la détermination du collectif. Quartier Éphémère a engagé sa responsabilité pour signer en son nom le protocole d’entente en septembre 2012. Ce document lui garantissait la cession du bâtiment en plus d’une somme de 1 Million de dollars, nécessaire à la réalisation de travaux d’urgence.

En 2013, l’application du contrat a été ralentie par une négociation inattendue entre le Groupe Mach et le Canadian National. Soucieux de sa responsabilité d’ayant droit sur un bâtiment vacant compte tenu de ses actifs (la Fonderie Darling), Quartier Éphémère a cédé ses droits au Collectif 7 à nous en 2014, avec une option de rétrocession pour 43% du bâtiment.

La deuxième victoire a été menée par le Collectif 7 à nous pour forcer l’acquisition et réaliser les travaux sur une partie du bâtiment, permettant l’ouverture en 2018 d’une épicerie, d’une taverne et d’un pôle des pratiques. Quartier Éphémère a quant à lui levé son option le 21 avril 2018 afin de devenir propriétaire de sa partie du bâtiment (B3 et B4). 

Afin de s’assurer de la réussite du projet, une étude de faisabilité, une plan d’affaires ainsi que des vérifications diligentes ont été réalisées par des consultants en gestion de projet et en architecture, financées par la Ville de Montréal et Patrimoine Canadien. Les recommandations étant positives, les besoins étant pressants pour les artistes et pour la sauvegarde du bâtiment, l’organisme poursuit  son objectif de devenir propriétaire dans les plus brefs délais. L’échéancier idéal est de commencer les travaux en 2019 dans le but d’ouvrir en septembre 2020.

 

Historique de Quartier Éphémère

Incorporé en 1993 dans l’arrondissement du Sud-Ouest, district de Pointe-Saint-Charles, Quartier Éphémère est un organisme culturel à but non lucratif, reconnu de bienfaisance pour l’éducation du public à l’art actuel. Son mandat est de soutenir la création, la production et la diffusion des artistes en arts visuels. La revitalisation de friches urbaines pour réaliser sa mission est inscrite dans ses objectifs. Dès 1994, le premier lieu au nom éponyme de l’association a ouvert au 16 de la rue Prince (1994-2000), puis toujours active aujourd’hui, la Fonderie Darlinginaugurée en 2002. D’autres projets ponctuels, tels que Panique au Faubourg (1997), Silophone (2000-2001), Plan Large (2001-2009) ont été réalisés dans des friches à proximité. Depuis 2007, l’organisme anime une Place Publique en avant des bâtiments de la Fonderie Darling, l’un consacré aux ateliers d’artistes, l’autre aux expositions d’œuvres d’art.

Programmation architecturale

(voir plans annexés)

L’espace que convoite Quartier Éphémère se prête harmonieusement à l’occupation d’un projet à deux composantes, car il est divisé en deux parties, B3 et B4.

En terme d’espaces, la programmation architecturale se distribue comme suit pour le bâtiment B3:

  • 20 ateliers individuels de création et de production (artistes professionnels en arts visuels et numériques) de différentes surfaces  (entre 700 et 1500 p2);

  • 5 bureaux de recherche en arts visuels (auteurs, commissaires d’exposition, OSBL arts visuels, écrivains, entre 260 et 300p2);

  • 3 espaces communs: deux salles de bain et une cuisine (entre 250 et 750 p2).

L’organisme planifie de mettre en place les équipements suivants pour le bâtiment B4:

  • 1 salle omni multifonctionnelle (2500 p2)

  • 1 bureau pour un éditeur (750 p2)

  • 1 petite librairie (500p2)

  • 1 café / restauration légère (750 p2)


[1] Par exemple, citons les projets de Loseida de Gordon Matta-Clark, le Ciné-train d’Alexandre Medvedkine (film de Chris Marker, 1971), École de Vitebsk (1918-1922), ou le Black Mountain College (1952).