Sam Krack
Au cours d’une résidence l’année dernière au Casino Display à Luxembourg, Sam Krack s’est penché sur le patrimoine industriel de sa ville natale, Dudelange — un lieu qui, dès le milieu du XIXe siècle, est devenu un pôle incontournable de la production sidérurgique. En collaboration avec la dernière fonderie encore en activité au Luxembourg, il a réalisé une sculpture en fonte et, avec l’aide d’un ami cinéaste, a tourné des séquences en 16 mm à l’intérieur de l’usine.
À la Fonderie Darling, Sam Krack entend approfondir cette exploration de l’histoire industrielle. Fasciné par le vocabulaire formel et contre-formel des objets fonctionnels issus des fonderies, il cherche à étudier les nuances de l’histoire de la production, les techniques d’outillage et l’utilisation complexe des moules. Ses recherches s’étendent également au concept de « travail en perruque », une forme de résistance ouvrière consistant à détourner, pendant les heures de travail, les matériaux et outils du lieu de travail pour créer des objets qui échappent aux directives de l’entreprise. Par ailleurs, il continue d’explorer une approche de la peinture sensible au temps.
La pratique Krack se concentre sur les détails négligés de la vie quotidienne : les photographies banales des déclarations de sinistre, les petites annonces d’articles d’occasion, les espaces domestiques encombrés d’objets insignifiants qui témoignent en silence de la société de consommation.
Il oppose le rythme effréné de la circulation des images (et des marchandises) dans le monde hyperconnecté d’aujourd’hui à la lenteur délibérée de la création artistique — qu’il s’agisse de peinture à l’huile, de gravure, de poterie ou de sculpture en marbre — et à sa capacité à élever l’ordinaire au rang de sacré.
Ses représentations hyperréalistes du monde, souvent superposées dans des compositions autoréférentielles, engagent un dialogue avec l’art conceptuel, tout en étant imprégnées d’une ironie qui distingue son œuvre. Cet humour révèle également une tendresse pour les moments absurdes mais poignants de la vie quotidienne, qu’il présente au public afin de l’inciter à réfléchir à sa relation avec la réalité et ses représentations.
Biographie
Élevant à l’origine des pigeons voyageurs sur le toit de l’École des Beaux-Arts de Montpellier, Sam Krack s’est mis à la peinture pendant la période de confinement. Il renoue ainsi avec la lenteur de l’action, qui structure et remplit le temps dans la dynamique du quotidien. Son sujet de prédilection devient la relation entre la photographie fonctionnelle et commerciale, notamment sur Internet, et le système de valeurs associé au médium pictural, allant de pair avec une confrontation entre le monde de l’art et le capitalisme ordinaire. Avec une ironie acérée, l’artiste recherche dans des images banales des réminiscences fortuites des mythes et symboles liés à l’histoire de la peinture, remettant sans cesse en question les ambivalences de la représentation, entre profondeur et planéité.
Expositions récentes
| 2026 | POST-, exposition de groupe, Casino Luxembourg, LU Not today, exposition de groupe, Valerius Gallery, LU |
| 2025 | Un monde fissuré, exposition de groupe, CACN Nîmes, FR Acte de présence, exposition individuelle, Casino Display, LU |
| 2024 | SLA, exposition de groupe, Casa do Comum, Lisboa, PT |
| 2023 | Risco de cueda, exposition de groupe, 25M, São Paulo, BR |
| 2022 | Peintures barbares, exposition de groupe, Lieu Commun, Toulouse, FR Trans(m)issions, exposition de groupe, MOCO Hôtel des Collections, Montpellier, FR |
