Lamis Haggag

La pratique de Lamis Haggag est un processus continu de tentative de perturbation de l'autonomie sociale et de déplacement des frontières, sans donner d'alternatives. Elle perçoit ses projets comme des infiltrations subtiles dans les confins sociaux. Bien consciente du fait que ces tentatives sont contradictoires et absurdes à bien des égards, elle les considère comme un reflet de la façon dont les gens font face aux restrictions. Haggag a développé cette approche de son travail lorsqu'elle a vu le changement s'opérer dans son pays d'origine, l'Égypte, en 2011, puis l'a réévaluée en constatant à quel point la situation en Égypte s'est éloignée. Entouré de confins sociaux, de harcèlement sexuel, de corruption, de brutalité policière et de militarisation de tous les aspects de la vie, le grand public égyptien prend encore la décision consciente d'y adhérer, que ce soit par conviction ou par désespoir. Lorsqu'elle a déménagé au Canada, Haggag a remarqué des modèles de personnes immigrantes qui tentent de se fondre dans le contexte occidental. Ses recherches actuelles se concentrent sur les raisons de ce phénomène. 

Jasmines and Monotropas (titre provisoire)

Pendant sa résidence à la Fonderie Darling, Lamis Haggag poursuivra une recherche en cours commencée au printemps 2020, où elle a commencé à mettre en place une histoire sur le soleil, la mémoire sensorielle et les jasmins dans la culture égyptienne. L'histoire suit des jasmins qui se sont perdus dans le paysage gris du Canada, pour se rendre compte qu'ils se sont transformés en Monotropa Unioras, une plante parasite fragile et translucide originaire de l'Ontario.

Dans ce projet, Lamis Haggag utilise le moyen de la narration, une tradition enracinée dans sa culture égyptienne. Elle fait appel à la mythologie égyptienne, à l'art populaire et aux fables avec lesquelles elle a grandi, pour établir un lien entre ses traditions et son contexte actuel au Canada. En essayant de comprendre et de révéler la beauté et l'éphémérité des plantes parasites, et en les personnifiant comme des immigrants déplacés qui luttent pour s'adapter à leur nouveau contexte, elle mettra en lumière leur signification culturelle par le biais de l'expression créative. Au cours de cette résidence, l'artiste ouvre son atelier à des personnes d'origines diverses, les invitant à prendre le thé, à manger, à discuter et à goûter à la pâte de jasmin rapportée d'Égypte.

Biographie

Lamis Haggag est une artiste égyptienne visuelle et médiatique, vivant et travaillant à Toronto depuis 2016. Elle a obtenu sa maîtrise en beaux-arts de l'Université de Calgary, au Canada, en 2013 et son baccalauréat de la faculté des beaux-arts de l'Université Helwan, au Caire, en Égypte, en 2008. Elle travaille avec une variété de médiums, tels que la performance, l'installation, l'installation interactive, la peinture et l'intervention publique. Elle a participé à des expositions et des résidences à Toronto, Calgary, St. Thomas Ontario, Le Caire, Pékin, Dakar, Lagos, Berlin et Incheon. 

Expositions récentes

2020

Overt: Militarization as Ideology, exposition de groupe, The ArtMuseum, University of Toronto, Toronto, Canada 

Sentient Sun, exposition de groupe, The Hearth Garage. Toronto, Canada

2018

Towards a More Ambiguous World, exposition solo, Warehouse Gallery, Incheon, South Korea

Railway City Arts Crawl, exposition de groupeSt. Thomas, Ontario, Canada 

2017

Lagos Biennale, 1ère édition

2016

12eme Dak’art Biennale, Biennale d'art contemporain africain, Dakar, Senegal

2015

Something Else Contemporary Art Festival, exposition de groupe, Embassage de la Belgique, Giza, Egypt 

Something Else Contemporary Art Festival, exposition de groupe, Barb 1718, Cairo, Egypt